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Liste de risques

Donc je liste les risques :

- les chiens : je sais que ca parait stupide vu d'ici où les chiens sont choyés ; où l'on entend certaine personne acheter " un steak d'ouvrier pour mon chien " à la boucherie de Damgan, où l'on voit des chiens endimanchés autant que je verrai des enfants en haillon, où l'on achète des jouets et peluches à des chiens autant que je verrai des enfants jouer avec un bout de ficelle. Mais lisez certains récits de voyages où l'on parle de la rage (ça y est, je suis vaccinée !), des hordes de chiens sauvages prêts à vous déchiqueter (et pas que les mollets !). De mes souvenirs de voyages antérieurs, les chiens africains sont pouilleux mais avachis ; par contre les chiens sud américains sont teigneux et fonceurs. Je me souviens cette balades seule à pieds sur les surplombs d'un village péruvien et ce mastodonte aboyant me fonçant dessus ; et me voilà paralysée par la peur... merci à ce péruvien surgit de nul part qui a lancé nombreux cailloux sur le monstre pour le faire fuir. Bref c'est vraiment ma phobie numéro 1 ! Alors je trouverai une solution : un bâton, des cailloux, une pompe à vélo à brandir...

- les bestioles en tout genre : je ne suis pas très peureuse de ces bestioles velues ou rampantes... mais j'emporte bien sûr ma moustiquiaire et je vous assure que mes yeux seront assidus en scrutant le sol tous les matins, vérifiant l'absence de scorpions, araignées et autres serpents.

- les maladies : c'est sûr que je n'ai pas choisi les pays avec des hôpitaux au top niveau des recherches médicales, ni ces pays où tout est aseptisés. C'est un risque dont je suis entièrement consciente. Ma trousse à pharmacie pèse lourd. De nombreux vaccins habitent mon corps. Tous les rendez-vous médicaux nécessaires ont été pris avant le départ. Après... mektoub.

 

   

- les accidents de la route : ça c'est une peur qui ne m'atteint guère. Je peux vous dire que quand on a pédalé de nombreux matins dans le noir total (par flemme et oubli d'acheter des piles pour mes lumières), sur un sol enneigé ou trempé, sous des conditions météos dignes du nord Isère le long de la N7... et ben les pistes et les bolides africains paraissent bien calmes (je me garde bien sûr le droit de changer d'avis sur ce point !!). Et puis quand on a franchi le pont de St Nazaire, sous une circulation très dense, avec une montée rude et déséquilibrante où l'on est tendu car on sait que le moindre écart peut être fatale, les rues des capitales du monde ne font même pas peur !

- les agressions . Là j'avoue que cette peur on me l'a mise dans la tête. J'ai toujours été persuadée que si l'on n'a pas peur, l'autre ressent cette confiance et nous offre la même. Je suis convaincue que c'est comme cela que nous ferons avancer le monde vers plus de fraternité : se faire confiance mutuellement, au-delà des préjugés. J'ai entendu ceux qui m'ont dit le risque d'être " violée et égorgée ", qu'il faudrait que j'indique " où l'on met la croix " (comme ils disent en Afrique), que la règle numéro une de l'humanitaire est de ne jamais circuler seule. J'ai entendu oui. Je suis consciente des risques que je prends, sûrement pas de tous d'ailleurs. J'ai confiance. J'ai pris le maximum de précautions. Je sais où je vais et pourquoi. Je sais les différences culturelles. Mais je sais aussi que dans la peur on ne vit pas, on ne fait rien. Tout peut arriver ici comme ailleurs.

Je lisais dans le Ouest France du 14 août qu'un roumain très superstitieux avait refusé de sortir de chez lui le vendredi 13 août, annonçant à son patron que vraiment il ne voulait pas sortir en ce jour maudit, même pour aller au boulot. Cet homme est mort chez lui le jour même, piqué par une guêpe mortelle d'une espèce très rare.... on n'échappe pas à son destin !

Bon je crois que j'ai fait le tour... ces peurs ne sont plus en moi. Sûrement reviendront-elles parfois le long du parcours. André Brugiroux (auteur du livre que je recommande " La Terre n'est qu'un seul pays ") m'a dit de me fier à mon ressenti, mon instinct, c'est ce qui l'avait sauvé lors de son tour du monde en stop.

J'ai donc entendu mes peurs, comme vous avez entendu ma motivation. Partons ensemble.

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    Carnet de France, Avant le départ