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Apprivoisement capital

Mes premiers coups de pédales dans la capitale française se passe sous la pluie, dans la chaleur. Les sacs poubelle couvrent mon paquetage. La météo est telle une fin de saison des pluies sénégalaises. Presque agréable : chaleur et rafraîchissement. La circulation est faible dans cette capitale en vacances ; il manque les cris et les coups de klaxon propres aux grandes villes des pays du Sud. Mais les 4 roues sont toutes aussi irrespectueuses des pauvres 2 roues dont je fais partie ; malgré les efforts certes visibles de Delanoé côté pistes cyclables. Oui je me sens à Dakar : dans les rues toutes les langues fusent : le français reste la langue officielle mais on entend du japonais, de l'allemand... autant qu'à Dakar on entend du wolof, peul, serère... Les gens forment un melting pot, un arc en ciel humain.

Oui je sens que le périple commence ici, dans les rues de cette capitale qui m'est aussi étrangère, hostile, attirante que celle où atterrira dans un mois mon avion. Un vente de liberté emplit mon coeur, mes mollets. Nous ne faisons qu'un Mon Vélo et moi dans cette liberté, dans ce chemin de curiosité au fil des rues.

   

On s'apprivoise mutuellement :

- il apprend mes changements fréquents de vitesse qui ne lui sont pas forcément agréables
- il reçoit mes lourds coups de cuisses et mollets sur ses frêles pédales
- il n'aime pas plus qu'Alex ma façon de pédaler rudement
- il découvre que la douceur n'est pas la 1ère de mes qualités (merci à Celui qui sait contredire cette phrase)
- j'apprends à connaître son guidon, ses positions, sa selle, sa forme
- je reçois son poids et son anatomie sur tout mon être qui doit le maîtriser et faire corps avec lui
- je n'aime pas son aspect rude et technique
- je découvre ce qu'il est

Le périple commence ici. Le vent de liberté souffle (pas toujours dans le sens qui fait avancer...). Je pars. Nous partons. La route sera longue mais belle. "

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    Carnet de France, Avant le départ