Page  précédente

Villelaure, le 11 mars 2008,

Cuba est vraiment un pays à part.

De tous les pays que j’ai parcouru il est, aujourd’hui, celui qui m’interpelle le plus, celui qui me fait le plus réfléchir. Politiquement, historiquement, ce pays revendique son unicité.

En le comparant avec l’Afrique ou l’Amérique du Sud je ne peux que lui accorder une place à part. Certes, depuis quelques années, la mouvance sud américaine s’oriente aussi dans une certaine direction, notamment à travers Hugo Chavez, président vénézuélien, qui apparaît chaque soir au journal télévisé de la chaîne cubaine.

Cuba était sous la coupole du dictateur Batista, jusqu’à ce qu’en 1959, Fidel Castro, son frère Raul, Che Guevara et quelques autres renversent cette dictature. Depuis le Che a continué ses conquêtes avant de sombrer en Bolivie, sous les tirs nord-américains, Raul est devenu chef des armées (avant de devenir il y a quelques jours chef du gouvernement) et Fidel s’est petit à petit octroyé tous les pouvoirs.

   

Ces révolutionnaires ont changé une dictature par une autre. Un régime très policier, très militaire, où tout est interdit, à commencer par penser autrement. Les prisons sont pleines d’opposants, malgré les condamnations d’Amnesty International.
Les Cubains n’ont pas le droit d’avoir des contacts avec nous, les étrangers, hormis dans ces « casas particulars », ces chambres d’hôtes contrôlées chaque semaine.
Les Cubains n’ont pas le droit d’association, de réunion.
Pas le droit à internet, au téléphone portable… pas le droit de s’ouvrir sur le monde en quelque sorte.

Et pourtant… plusieurs partent en mission en Afrique, en Amérique Latine. Car tous les Cubains sont instruits, très instruits ! Certes de cette instruction qui apprend que le Che, Chavez, Fidel et Marti sont les héros de la planète, que la Révolution Cubaine est le meilleur pouvoir au monde.

Mais instruction pour tous ! De 6 à 14 ans l’école est obligatoire. Gratuite, la plupart la continue jusqu’à Bac +5, voir plus avec une formation continue tout le long de la vie.

La chaîne télévisée cubaine diffuse toute la journée des cours de physique, de maths, d’anglais… Les enfants portent un uniforme, offert par l’état ; goûters et cantine sont pris en charge pour chacun.

Le racisme n’existe pas, la même chance est offerte à chacun ;

« ensuite chacun fait comme il veut » me dit une enseignante…

« comme il veut » ne me semble pas une expression appropriée dans ce pays.

Page suivante
 
 
    Carnet de France, Avant le départ