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Religere
Lundi matin, j'ai été à l'école coranique.
J'avais rencontré le professeur la veille en me baladant seule. Un
tableau écrit en arabe, une petite salle ajustée à une mosquée.
Un prof, 60 mômes de 5-8 ans ; pas d'écrit, pas de cahier, pas de stylo. Repéter par coeur les versets du coran énoncés par le prof.
Etre interrogé collectivement puis individuellement. Je ne crois pas que les mômes comprennent ce qu'ils récitent ; on peut voir ça comme un travail de la mémoire. Une facon de s'occuper alors que
l'école publique n'a pas repris. Durant l'année, elle concerne
principalement les enfants de moins de 7 ans (âge de scolarité obligatoire).

J'aime vraiment cette cohabitation catho-musulmane au Sénégal. Moi qui ne suis pas baptisée (merci à mes parents pour cela), moi qui ai des amis de tous bords, moi qui ait une foi profonde en l'Homme, le reste j'ai la vie pour le découvrir. A Fadiuoth par exemple, le cimetière est commun.
Même si les musulmans sont très majoritaires, beaucoup de familles sont mixtes. Les 2 types de fêtes sont partagées : les écoles sont fermées pour Pâques comme pour la tabaski. Je dors dans la chambre de Colette, avec elle et sa cousine Aby. Je me lève en coup de vent, Colette se lève en faisant une prière à genoux et un signe de croix de catholique, Aby se lève en faisant sa prière couchée de musulmane. Puissiez-vous Israël et Palestine recevoir ce cadeau sénégalais...
   

Ensuite, toujours dans la même journée de lundi, je voulais aller à Joal Fadiouth, au sud. 140 km en vélo. Sachant que je voulais arriver avant la nuit (19h), il me fallait carburer. 20km/h de moyenne, aucune pause (belle connerie entre 12h-14h...) et ce fut fait. Pas de fatigue musculaire mais le visage et les avant-bras cramés par la pollution.

Pédaler dans la périphérie de Dakar fut horrible, vraiment dur. La
dureté des conditions de vie dans ce bidonville, la pollution qui
empeche de respirer, les cadavres d'animaux dans des états plus ou
moins délabrés mais toujours aussi pestinentiels, les bus qui s'arrêtent sans prévenir, ses portes qui s'ouvrent devant moi, ses matériaux qui tombent des camions risquant à chaque instant de me tuer, ces roues de camions (de ma hauteur) me frolant, ce-bas coté en sable (y aller signifie tomber). Réaliser la futilité des 3 pansements emmenés dans ma trousse à pharmacie ; la moindre chute peut être fatale. Plus jamais ca. Plus jamais.

Et puis, sortie de tout cela, la beauté, la délivrance. Se sentir libre.
En harmonie avec la nature, avec soi-même, avec les gens (je maitrise maintenant les salutations en wolof, ce qui favorise les échanges, les sourires et les encouragements). La dureté du soleil, d'un sol sans ombres, des 43 degrés ambiant.


J'ai croisé mes premiers criquets.
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Une de mes pistes - Siné Saloum
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