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kilomaître

27 octobre 2004

On me pose des questions sur les données kilométriques. J’ai fait environ 2000 km pour le moment (un peu plus) ; mais je n’y accorde aucune importance ; ce pourquoi je n’évoque pas ce point sur le site.

Le terme km, hormis pour les adeptes de la norme, est un non sens.

Je vous assure qu’on ne peut appeler par le même mot :

  • 1 km de route goudronnée dans la relative fraîcheur du petit matin, où en une heure, 25 km défilent sans fatigue.
  • 1km de piste caillouteuse ou ensablée, sous la chaleur de midi, sous le vent à contre, où en une heure, 7km se font péniblement.
   

On me pose des questions profondes sur mon ressenti intime. Ce n’est pas facile d’y répondre… Pas facile parce que je réalise en ce moment que c’est un quotidien et non plus quelque chose d’exceptionnel, comme les premiers temps.

Je me sens bien. Je ne cherche plus une quelconque sagesse ; je vis au présent. Je ne ressens rien de sensationnel ; je vis. Je ne suis pas zen mais pas stressée.

Je peste et j’injurie régulièrement le vent, qui est encore pire que la chaleur parce qu’il brûle, dessèche, remplit ma bouche, mes narines, mes oreilles et tout le reste de sable et surtout parce qu’il souffle toujours contre moi.

J’ai maudit et été très agressive avec des mômes du Pays Dogon qui ne savent que dire « donne moi », qui courait après Ruiyam, cherchant à lui arracher ses bouteilles d’eau, son drapeau. Je me demande quelle génération on est ainsi en train de bâtir, sur le tourisme…

Mais à coté de cela, tout va bien. Je me sens bien avec les gens que je rencontre. Rencontres éphémères mais toujours fortes, toujours différentes.

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