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Hasards ?

26 novembre 2004

L’acte 1 de mon projet tend à s’achever… C’est dur. Dur de quitter cette première partie qui m’a apporté plus que je n’ai pu le rêver ces dernières années ; dur de quitter ce continent que j’aime, malgré tous ses amalgames ; dur de quitter ces gens que j’ai rencontrés, que j’ai aimés le temps de la croisée de nos chemins…

Oui le point fort de ce périple africain a été les rencontres…

Les RENCONTRES

J’ai compris récemment quelque chose de magique (qui est peut être une banalité pour certains mais qu’il m’a fallu 26 ans pour comprendre) : sur notre route personnelle, on rencontre les gens qu’il faut au moment adéquat. Banalité qui depuis quelques jours change ma vie et ma vision de la vie.

Ainsi durant ces trois mois, j’ai toujours croisé la personne dont j’avais besoin au moment adéquat. Et j’ai compris qu’il en avait sûrement été ainsi toute ma vie ; sauf qu’avant j’avais trop les yeux fermés pour les voir ces gens… alors je restais dans ma solitude. Aujourd’hui mes portes sont ouvertes, alors des gens magnifiques y rentrent, au moment opportun.

 

   

Pour ne citer que des exemples matériels :

Voilà 3 jours que Ruyam faisait un bruit bizarre de frottements au niveau de la roue arrière. J’avais beau regarder dans tous les sens : je ne voyais rien frotter. J’ai été jusqu’à démonter le frein, rien… Je vous assure que c’est prise de tête : entendre un frottement or RIEN ne frotte… ne pas réparer c’est risquer des complications… bref ce problème me stressait mais je ne voyais vraiment pas comment le résoudre. Et c’est à ce moment là qu’est apparu sur ma gauche, un « vélo collé » comme disent les africains. Un couple de Belges qui voyageait pour quinze jours en tandem à travers le Burkina. André est un ancien cycliste de haut niveau. Il a beau être midi, forte chaleur, pas d’ombre, il s’arrête sur le bas côté et démonte Ruyam pour voir d’où vient ce bruit. C’était le roulement à billes (je ne savais même pas que ça existait moi…) de la roue arrière qui déconnait. Il m’a tout réparé ainsi sur la route entre Bobo et Banfora… Le soir il a même fait une révision complète de Ruyam. Voilà…

Besoin d’avoir un ordinateur pour prendre le temps d’écrire et d’envoyer des photos loin du speed des cybercafés… me voilà accueillie à l’ONU par un ami qui m’ouvre son bureau.

Ce sont des exemples simplistes et matériels. Les rencontres les plus importantes sont personnelles et arrivées aussi au moment où il le fallait…

Oui c’est magique et bien plus fort qu’un quelconque hasard. Ouvrez les yeux, vous aussi des rencontres magnifiques vous guettent. Vivre avec les autres n’est ce pas la raison de vivre ?

J’ai compris aussi une autre chose récemment : moi aussi j’apporte aux gens que je rencontre. Là aussi ça peut sembler une banalité mais je ne le comprends que maintenant. Je mesure combien ma visite (qui souvent leur tombe dessus) enrichit les gens, les rend heureux d’avoir (le temps d’une soirée) quelqu’un à qui faire partager leur vie. C’est valable avec le paysan de brousse qui ne parle pas français comme avec l’expat français dans sa grande maison. Oui c’est magnifique…

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