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Ecoles

26 novembre 2004

Au Burkina, en sillonnant la brousse, j’ai rencontré de nombreuses écoles.

Les enfants commencent l’école autour de 7-8 ans. Ils entrent en CP1 : année durant laquelle ils apprennent les rudiments du français (langue qu’ils ne parlent pas), les bases de lecture et d’écriture et quelques notions de calculs. Ensuite vient le CP2 où ils approfondissent tout cela. Ensuite les classes (et les programmes) sont similaires aux nôtres : CE1, CE2, CM1, CM2.

A la fin du CM2, les enfants passent le certificat d’étude. Ceux qui l’obtiennent doivent ensuite passer un test d’entrée en 6 ème. L’obtention du test permet d’avoir des frais de scolarité amoindris.

Mais peu d’enfants continuent leur scolarité après le primaire.

L’école revient cher pour les parents : il faut s’acquitter de 2000 cfa par an pour les parents d’élèves (qui se servent de cette somme pour le réfection des locaux) et acheter le matériel (cahiers, stylo).

   

En brousse les filles sont rarement envoyées à l’école, elles sont jugées plus utiles à la maison à préparer à manger, à s’occuper des frères et sœurs et des taches ménagères. En ville, lorsque les parents manquent d’argent, ils préfèrent envoyer leur garçon plutôt que leur fille en classe : la fille trouvera toujours un mari pour s’occuper d’elle dans la vie.

Le même problème se pose dans les trois pays que j’ai traversés : celui de la langue. Dans ces pays, chaque ethnie a sa langue. Les gens parlent couramment plusieurs langues et se comprennent. Mais le français est peu usité, notamment en brousse.

Par contre le français est la langue de l’école.

Les enfants arrivent au CP1 en ne maîtrisant que leur dialecte maternel (le dioula, le moré… selon leur ethnie). Au sein d’une même classe, les enfants ne parlent pas tous le même dialecte. L’enseignant doit faire avec pour leur apprendre non seulement à lire et écrire mais aussi à maîtriser le français. J’ai vu à plusieurs reprises des enseignants ne parlant pas du tout le dialecte des enfants de sa classe ; situation très difficile pour les élèves comme pour le professeur (les enseignants étant nommés au niveau national, ils peuvent se retrouver dans une région très loin de leur ethnie…).

Dans certaines écoles commencent à se mettre en place un double apprentissage : dans la langue majoritaire de la classe et en français…

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