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Mari

26 novembre 2004

J’avais prévu des mises en place de situations pédagogiques en préparant mon projet de la France. Je me suis rapidement rendu compte que c’était impossible à concrétiser ici. Faire écrire des contes aux enfants ?! Belle utopie… encore faudrait il que les enfants aient des feuilles et du papier ; encore faudrait il qu’ils maîtrisent le français ; encore faudrait il qu’ils aient une approche autre que transmissive et réceptive…

Donc je passe dans les classes, souvent par demie journée.

Je suis observatrice une partie ; je prends parfois la classe le temps de corriger un exercice (et d’amuser les enfants et le maître et de me faire plaisir). Et toujours suivent de longues séances de discussions.

   

Les enfants me posent de multiples questions sur la vie en France, sur ce que les enfants apprennent, vivent en France ; sur leurs jeux, leur nombre de frères et sœurs ; sur la culture aussi (qui cultivent les champs, qu’est ce qui poussent) ; sur les animaux…

Et étrangement une question revient à chaque fois, quel que soit l’âge des enfants : « est ce que vous êtes mariée ? »… autant à cette fréquente question dans la rue je réponds catégoriquement « OUI » pour chasser tous les prétendants déjà prêts à offrir de multiples chameaux à mon père ; autant là je réponds franchement. Il est même arrivé qu’au moment de quitter la classe, une petit fille de 8 ans me prenne à part et timidement me glisse à l’oreille : « je te souhaite un bon mari »… Ici une femme sans homme n’existe pas…

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