Page  précédente

page 7/31

Lota, le 31 decembre 2004...
mon année dure un peu plus longtemps (4 heures) que la votre
.

Dans un registre tout autre...Imaginez, il est 18h, la nuit ne va pas tarder à tomber.


Je suis dans une ville.


Je ne trouve pas d'endroit assez abrité des regards pour faire du camping sauvage, il n'existe aucun camping dans les environs, j'ai fait le tour des deux hôtels, rien à moins de 150ff.

Les écoles en ce 30 décembre sont toutes fermées...Etrangement je n'ai pas peur ; certes un certain stress avec le noir tombant mais pas peur.

J'ai appris depuis quelques temps à avoir complètement confiance en moi, en mon destin. Bon n'empêche que je ne sais où aller...

Continuer ma route hors de cette ville ? Pour aller où ? Alors je me dis : le prochain entre une église ou les flics, je demande asile... Quand on ne veut pas dormir dehors, on relativise ses valeurs !!!! Et ce fut une église !

Je rentre laissant Ruyam sur le parvis. Je tombe sur une vieille dame ; j'ai à peine le temps de lui baragouiner en espagnol mon histoire que le téléphone sonne. Sa grande amie l'appelle... alors c'est parti pour 15 minutes de "je te raconte ma vie" (et moi pendant ce temps je vois la nuit tomber...) ;

   

Mais dans le "je te raconte ma vie", forcément elle raconte qu'il y a une jeune française qui fait le tour du monde en vélo et qui ne sait pas où planter sa tente...

Alors là, la dame à l'autre bout du fil dit (je vous traduis...) :"Est ce qu'elle veut venir chez moi ?". Et c est ainsi que j'ai fait la connaissance de Sonia, 60 ans qui en parait 15 de plus.

Une épaisseur considérable de maquillage sur le visage mais des yeux qui comprennent les miens.

Me voilà donc pour deux jours chez elle et son amie Lila.
C'est avec elles que je fêterai ce soir le réveillon. Sonia a quelques notions d'anglais... je la sens si fière de me parler en anglais dans la rue ; moi je lui réponds en espagnol... Matériellement Sonia et Lila n'ont rien ; je dors dans un coin du semblant de salon. Mais elles ont le coeur sur la main... Je découvre un autre Chili :
- celui qui n'a pas de buildings mais des HLMs délabrés
- celui qui n'a pas de supermarchés mais des vendeurs dans la rue
- celui qui ouvre sa porte
- celui qui est curieux et non apeuré de l'étranger. Je sais combien le fait d'être une femme seule m'ouvre des portes. Je ne sais d'où me viennent tous ces "hasards" (Betty et Dimitri appellent cela des coïncidences ; ils connaissent aussi) ; avouez que ce coup de téléphone à mon entrée dans l'église est bien tombé...

Je sais que de nombreuses rencontres m'attendent...

Page suivante
 
 
    Carnet de France, Avant le départ