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Puerto Madryn, le 14 janvier 2005

Voila une semaine que j'ai passé la frontière entre le Chili et l'Argentine :
passage sans problème au pied d'un magnfique volcan (j'espère pouvoir vous envoyer les photos bientôt, mais ce n'est vraiment pas facile).

Le décor a vite changé : des forêts de pins et d'eucalyptus chiliennes, vite je me suis retrouvée dans la pampa. C'est à dire dans des plaines où ne poussent que des buissons épineux… Il n'y a rien. C'est impressionnant ce "rien" sur des kilomètres !

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J'ai pris le bus à plusieurs reprises. J'ai voulu aller dans des villes non touristiques, celles qui ne sont pas sur les guides, celles qui sont au milieu de "rien"…

Mais avec le recul je sais que ce n'etait vraiment pas une bonne idée. Car j'ai ensuite beaucoup galèré pour trouver les bus pour aller au bord de l'Atlantique, là où je souhaitais aller. "Beaucoup galèré" ca signifie des nuits blanches à attendre dans des gares de bus ou au bord de la route qu'un bus veuille bien de moi (et de Ruyam surtout) ; ca signifie palabrer longtemps pour arriver à mettre Ruyam dans le bus (alors qu'au Chili, aucun problème)… Et pourtant je n'avais d'autre issue que le bus car les centaines de kilomètres de pampa ne sont pas traversables seule en velo (aucun ravitaillement).

   

J'ai beaucoup de mal en réalité à écrire sur ces derniers jours car vraiment ils ont été les plus durs du périple pour le moment...

Durs physiquement à cause du vent certes, mais ça, apres une bonne nuit de sommeil et la vision de magnifiques paysages, on oublie...

Durs moralement.

Durs moralement, les nombreuses fouilles policières, qui me forcent à tout déballer, sacoche par sacoche, ouvrir le duvet, regarder les pages de mes cahiers ; et leur chien qui renifle tous mes habits (je vous ai déjà dit que je n'aimais pas les chiens ??? !)... recherche de drogue. Ca c'est dans les villes non touristiques. Dès que je m'asseyais quelques minutes sur un banc, un flic arrivait (matraque et pistolet à la ceinture ; gilet par-balles...) et me questionnait. Lourd climat d'insécurité (pourtant à mon avis basé sur rien mais justement créé par cette omniprésence policière).

Durs moralement de ne pas toujours maitriser les situations et de devoir s'enfuir d'une maison en pleine nuit (il ne s'est rien passé mais très mauvais ressenti) et de se retrouver paumée en ville…

Bon je me suis dit que je vous écrirais tout mais j'ai du mal à détailler…

J'ai aussi “perdu” Ruyam pendant quelques heures... angoisse intense (mais heureuses retrouvailles).

Heureusement, j'ai rencontré des argentins vraiment très sympas qui m'ont beaucoup aidée et épaulée. (bon j'en ai aussi rencontrés des moins sympas et des très dragueurs).

Bref l'Argentine m'a testée. Aujourd hui ca va mieux ! Je commence à comprendre un peu mieux ce pays de contrastes et ses habitants.

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