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Ushuaia, le 20 janvier

Me voila coincée pour 3 jours à Rio Gallegos (c'était il y a une semaine maintenant…)… dernière ville avant la Terre de Feu… pas de bus pour Ushuaia avant 3 jours… je ne serai pas à l'aéroport pour accueillir Christophe, grosse déception…

Trois jours coincée dans cette ville sans rien, au milieu de nulle part.
Je trouve néanmoins un camping. J'y suis seule avec un couple d'allemands, eux aussi coincés… C'est une ville… si on n'y est pas coincé, on ne s'y arrête pas…

Bref…

Je me fais une petite soirée cinéma (et oui !!! Il y a quand même un cinéma !!!!) : un dessin animé auquel j'ai presque tout compris (ce sont les gentils qui ont gagné à la fin…). Et rentre me coucher dans ma petite tente…

Nombreux réveils et levers dans la nuit : il y a beaucoup de vent, les piquets de la tente s'en vont… rude de se lever pour aller les replanter, à coups de pierre…

Puis le matin arrive… le vent semble à chaque instant plus fort. Je n'ose quitter ma tente de peur qu'elle ne s'envole.

Il passe lentement, le temps, dans moins de 2 m² quand on a peur de se prendre un arbre sur la tête et qu'on n'ose pas quitter son duvet…

Et brusquement… alors que je ne sais plus ce que je faisais (je revassais ou lisais…) ; impression indescriptible de ne plus être maitre de rien…

   

Ma tente a décollé… ma tente a quitté le sol… avec mes sacoches et moi dedans… Oh, sur 2-3m… mais quelle impression… mes membres bleuis sont toujours endoloris du choc.

Immédiatement le couple d'allemands a accourru… ils ont ouvert la tente… j'étais trop abasourdie pour réfléchir et savoir quoi faire…

Bref, une fois remise de mon envol… c'est une tente déchirée et cassée que j'ai vue…

Ainsi les jours à Rio Gallegos ont été occupés à recoudre la tente et racheter des fixations ; avec le soutien du couple d'allemands…

Ce vent m'a effrayée… dès que j'ai pû rejoindre le centre ville, j'ai envoyé un e-mail à Christophe, qui était toujours en France : "Impossible de faire du vélo, même de marcher à pieds, il y a un vent de fou"… J'ai vraiment pris peur pour la suite du périple… car vraiment un tel vent empêche de se mouvoir, à pieds comme en vélo !

J'ai seulement appris le lendemain, à mon grand soulagement, que c'était exceptionnel !
Oui la région est ventée, mais là c'était une tempête comme il y en a seulement une ou deux par an.

Des vents à 150km/h, des camions ont été renversés et les lignes de téléphone et d'électricité rompues.

Que d'émotion !

L'Argentine, m'en fait voir de toutes les couleurs !

L'escale dans cette ville, m'a néanmoins permis de rencontrer des instits et d'avoir des discussions très intéressantes !

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